Je suis moche. Je ne suis rien, absolument rien. Je me sens mal dans ma peau. J'ai des poignées d'amour et de trop grosses cuisses, comme celles des grenouilles que je mange parfois avec mes parents. En plus, j'ai plein de boutons au milieu du visage qui est encadré par des cheveux roux. Ils ressemblent à de la paille brûlée. Et ce qui ne va absolument pas, ce sont mes lunettes : grandes avec une épaisse monture noire. Je ne pouvais pas en avoir de pires.
C'est pour ça que je ne suis plus étonnée que l'on ne me regarde pas dans la rue. C'est parce qu'il n'y a absolument rien à voir chez moi. Avant, quand j'étais plus petite, j'étais mignonne. J'avais ces grosses joues que tout le monde adores mais le problème c'est que cela ne s'est pas arrangé avec le temps, surtout depuis cette année. Je me suis enlaidie. Je ne vais pas vous refaire la liste de ce que je n'aime pas chez moi.
J'ai oublié de me présenter. Je m'appelle Anne, j'ai dix-sept ans, dix-huit dans deux jours. Je pèse 65 kilogrammes pour 1,60 mètre. J'ai un frère, Kilian. Il a aussi dix-sept ans. Non, nous ne sommes pas jumeaux ; il est plus jeune que moi. En fait, nos parents nous ont fait l'un après l'autre. J'étais à peine née (depuis deux semaines environs) que ma mère était retombée enceinte. Mais on ne se ressemble pas. Moi, j'ai les cheveux roux de notre père alors que lui il les a blonds, comme notre mère. En plus, il est grand (1.85 mètre) et a un corps d'athlète. Il a 65 kilogrammes également mais de muscles ! Toutes les filles lui court après mais il refuse toujours leurs avances. Il ne sait même pas profiter de la chance qu'il a !
C'est bien un comble ça. Moi, il n'y a personne qui m'aime. Je voudrais tellement sortir avec un garçon de mon âge, séduisant et attentionné. Mais avec mon physique, c'est une cause perdue. Personne ne pourra me faire croire le contraire. J'ai déjà essayé, depuis le collège ! Mais rien à faire : ils refusent tous. Pour ne rien arranger, ils ont tous tendance à se moquer de moi après ça. C'est exaspérant. Pourquoi ne suis-je pas comme mon frère ? Pourquoi ne suis-je pas l'idéal du sexe opposé ?
Vous devez trouver cela comique, je suppose. Je suis d'accord avec vous mais c'est également très effrayant. Quand je pense que je finirai peut-être ma vie seule au monde...ça me donne envie de pleurer. La psychologue du lycée m'a dit que je n'avais pas à m'inquiéter pour ça, que je n'avais pas fini de me transformer en femme et que c'était impossible qu'aucun garçon sur Terre ne m'aime. Et c'est elle qui me dit ça ! Alors qu'elle vient de divorcer de son quatrième mari à 36 ans.
C'est donc pour ça que je me sens si mal : soit on se moque de moi, soi des personnes non-expérimentées me conseillent. Allez trouver l'erreur ! En plus, autour de moi, les couples n'arrêtent pas de se former et de s'embrasser. Il y a des jours où je voudrais leur demander d'arrêter.
Parce que moi, j'ai un rêve : celui d'un monde où l'on saurait au premier regard si nous sommes amoureux et si c'est réciproque. Je sais, c'est idiot et impossible mais ce serait bien si ça existait. Il n'y aurait plus de divorce, il n'y aurait plus de larme, il n'y aurait plus de suicide...enfin, moins. Et ce serait drôlement pratique...et un tout petit peu effrayant. Imaginez-vous devant quelqu'un et il sait immédiatement ce que vous pensez...effrayant. Mais je m'y ferais si c'était le cas car mon besoin d'amour est trop important pour pouvoir le mettre de côté pour si peu.
C'est pour ça que je ne suis plus étonnée que l'on ne me regarde pas dans la rue. C'est parce qu'il n'y a absolument rien à voir chez moi. Avant, quand j'étais plus petite, j'étais mignonne. J'avais ces grosses joues que tout le monde adores mais le problème c'est que cela ne s'est pas arrangé avec le temps, surtout depuis cette année. Je me suis enlaidie. Je ne vais pas vous refaire la liste de ce que je n'aime pas chez moi.
J'ai oublié de me présenter. Je m'appelle Anne, j'ai dix-sept ans, dix-huit dans deux jours. Je pèse 65 kilogrammes pour 1,60 mètre. J'ai un frère, Kilian. Il a aussi dix-sept ans. Non, nous ne sommes pas jumeaux ; il est plus jeune que moi. En fait, nos parents nous ont fait l'un après l'autre. J'étais à peine née (depuis deux semaines environs) que ma mère était retombée enceinte. Mais on ne se ressemble pas. Moi, j'ai les cheveux roux de notre père alors que lui il les a blonds, comme notre mère. En plus, il est grand (1.85 mètre) et a un corps d'athlète. Il a 65 kilogrammes également mais de muscles ! Toutes les filles lui court après mais il refuse toujours leurs avances. Il ne sait même pas profiter de la chance qu'il a !
C'est bien un comble ça. Moi, il n'y a personne qui m'aime. Je voudrais tellement sortir avec un garçon de mon âge, séduisant et attentionné. Mais avec mon physique, c'est une cause perdue. Personne ne pourra me faire croire le contraire. J'ai déjà essayé, depuis le collège ! Mais rien à faire : ils refusent tous. Pour ne rien arranger, ils ont tous tendance à se moquer de moi après ça. C'est exaspérant. Pourquoi ne suis-je pas comme mon frère ? Pourquoi ne suis-je pas l'idéal du sexe opposé ?
Vous devez trouver cela comique, je suppose. Je suis d'accord avec vous mais c'est également très effrayant. Quand je pense que je finirai peut-être ma vie seule au monde...ça me donne envie de pleurer. La psychologue du lycée m'a dit que je n'avais pas à m'inquiéter pour ça, que je n'avais pas fini de me transformer en femme et que c'était impossible qu'aucun garçon sur Terre ne m'aime. Et c'est elle qui me dit ça ! Alors qu'elle vient de divorcer de son quatrième mari à 36 ans.
C'est donc pour ça que je me sens si mal : soit on se moque de moi, soi des personnes non-expérimentées me conseillent. Allez trouver l'erreur ! En plus, autour de moi, les couples n'arrêtent pas de se former et de s'embrasser. Il y a des jours où je voudrais leur demander d'arrêter.
Parce que moi, j'ai un rêve : celui d'un monde où l'on saurait au premier regard si nous sommes amoureux et si c'est réciproque. Je sais, c'est idiot et impossible mais ce serait bien si ça existait. Il n'y aurait plus de divorce, il n'y aurait plus de larme, il n'y aurait plus de suicide...enfin, moins. Et ce serait drôlement pratique...et un tout petit peu effrayant. Imaginez-vous devant quelqu'un et il sait immédiatement ce que vous pensez...effrayant. Mais je m'y ferais si c'était le cas car mon besoin d'amour est trop important pour pouvoir le mettre de côté pour si peu.

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